“Ce n’est donc pas sans raison que je rends hommage à votre jeune et merveilleux talent.
Le vocable  » merveilleux  » que j’utilise ne possède rien de littéraire-ce n’est pas un cliché à l’emporte-pièce- mais je ne puis qualifier autrement ce qui appartient au domaine des merveilles. Je vous souhaite, tout le succès que vous êtes en droit d’attendre lequel sans doute vous est déjà dorénavant acquis -. Je ne suis guère un exégète de quoi que ce soit. Le peu de vanité qui me peut encore demeurer inhérente, m’incite toutefois à songer que vos peintures, que tout votre Art est voué à la durée. »
Armand Simon

« Merci de votre lettre qui m’a beaucoup touché, et surtout des documents sur votre oeuvre. Croyez bien que je ne cherche pas à vous proposer une sorte de paradoxe idiot, ni à faire le malin, mais ce qui m’émeut tant dans cette peinture, c’est l’intensité avec laquelle vous atteignez au regard de vos personnages. Évidemment, ce n’est vrai que de certains tableaux. Mais tout le réalisme (de quelque nom qu’on le nomme) de la construction me semble une organisation, d’ailleurs complexe, qui arrive au regard et à partir de ce qui n’en a pas ou n’en a plus. Même les paupières baissées (le plus souvent des hommes) ne cachent pas, mais succèdent à, ou précèdent un regard si lourd…Je vous remercie de connaître un peu de votre œuvre, et vous dire mon admiration…Bien à vous. »

Gilles Deleuze

« La demoiselle de Delcol est un cheveu blond dans la soupe des Tartufe(s) qui en tombent des nues. Elle a une manière très personnelle de mettre à toutes les sauces ses seins lourds, son nez en trompette et ses fesses de cycliste. Pulpeuse, ingénue, comestible, impudique, attentive, disponible, silencieuse, diligente, hygiénique, cette Fée du logis propose une rêverie permanente affranchie de toute complication érotique.Cependant, si le diable me la faisait rencontrer un soir dans la pénombre marécageuse d’une salle de billard de sous-préfecture. »
Félix Labisse

« Merci de penser à moi. J’adore ce que vous faites car cela me parle immédiatement à l’âme et à l’esprit.
J’aimerais avoir une oeuvre de vous dans ma vie.
Mais comment faire: je n’envisage pas pour l’heure de me rendre en Belgique ?
Existe-t-il des catalogues détaillés de vos tableaux? des diapos?
J’adore aussi votre couverture du catalogue avec le « Divin » Scut que j’admire à n’en plus pouvoir.
Dites à nos amis que je me reconnais dans l’infraréalisme, farouchement.
De tout coeur. », 26 novembre 1982.
Fréderic Dard

« J’ai pris connaissance avec intérêt du livre de Louis Scutenaire sur la peinture que je connais déjà par une de nos amies. J’apprécie ton art, ton humour et la perfection du dessin qui fait tant défaut de nos jours. Les peintres d’aujourd’hui ne savent plus dessiner mais veulent tous, après deux ou trois ans de coloriages entrer au musée du Louvre »
Fred Zeller

« Votre beau livre est bien arrivé ? Transmis à Patrick Poivre d’Arvor avec un mot de recommandation. Mais que vaut ma recommandation ? Je n’ai rencontré ce personnage qu’une seule fois, le jour de mon interview à la télévision !
Vos compliments s’adressent à la mémoire de Stéphane Lupasco. C’est celui qui a fait depuis Benedetto Croce la critique la plus pénétrante et la plus dure de la logique de Hegel,cette extrapolation universitaire et germanique de l’éblouissante vision d’Hèraclite. Je vous souhaite du succès. Armez-vous de patience. Les médias préfèrent à tout la médiocrité qui ne dérange pas et le sensationnel de bazar… »
André Thirion

« … Puisque j’écris autant pour dire la vérité que pour me divertir, je note ici qu’en cyclisme il y eut Zimmermann, Coppi, Van Looy, Merckx et puis bon nombre d’artisans du vélo. En peinture, il y eut le primitif verts sur verts du Prado, Uccello, le Douanier Rousseau, Magritte, Delcol, et puis de multiples artisans du pinceau. Tels les deux Magritte, René que tout le monde sait et Paul que tout le monde ignore, Delcol crée des objets saugrenus, cherche des solutions réputées impossibles comme quadrature du cercle, mouvement perpétuel, inégalité des angles du carré, jonction des parallèles… »
Louis Scutenaire

 » Qu’ils sont beaux ces aphorismes, qu’ils sont séduisants ces  » périls…! grand merci de votre envoi cher Roland Delcol, mais un petit reproche tout de même pour n’être pas venu me serrer la louche après le spectacle à Ramatuelle.
Je promets par contre de vous passer un coup de bigophone si je me rapproche de vos contées lointaines.
Amical salut ainsi qu’à votre épouse et…bravo.
PS: Vos culs ont le langage du génie ! celui  » à la rose « , splendeur ! »
Pierre Perret

 » Le faste et l’abondance des formes chers à Delcol-nous y sommes-déclenchent ce réflexe royal que je n’ai pas hésité à coller à son nom, fort de quelques précédents, il est vrai,même si d’aucuns veulent à tous prix l’étiqueter avec « réalisme »(« sur-« , « hyper-« , « para-« , etc.), voire avec « néoréalisme ». Cette dernière option nous vient de ceux qui ne vont pas au-delà de la peau de ses personnages.
Qu’on ne se fasse pas d’illusion devant un dernier »néo-naturalisme »: en paraphrasant Paul Valery, je dirai que Delcol  » s’oppose bien nettement à la Nature par sa puissance d’abstraction et de composition, car la Nature n’abstrait ni ne compose ».
J.M.Lo Duca

« L’image qui se développe en peinture a même un côté muet qui intrigue et pousse vers l’étude du tentaculaire, l’affiche grandissime, et du nu comme moyen de frappe, force d’approche inéluctable : on est vraiment face à face dans le plus grand mutisme, ou l’hilarant silencieux, ce que Delcol appelle « le désordre nu » (par rapport à « l’ordre habillé »)…
La peinture contemporaine, dans l’hyperréalisme, est évidemment une contre photographie. Un plan fixe qui ne livre pas toutes les ficelles et prouesses techniques, afin d’en venir, dans le cas de Delcol, au fort nu hilarant. On est au bord de l’amusement, d’une certaine loufoquerie, chez « la demoiselle ». Ce qui nous change des gravités suaves de l’académie.
Ingres a donné Delcol. »
René De Solier

« Si possono propriamente definire surrealisti i nudi di R.Delcol, esatti, sodi di un verismo che sfiora la fotografia, attegiati a gesti della vita quotidiana come sedere a tavola, cucinare, viaggiare in treno, scendere da un’auto ? Direi di si, anche data l’estrema estensione che ormai si concede al dominio surrealista. E sempre la medisima ragazza “polputa, ingenua, commestibile, impudica, attenta, disponibile, silenziosa, diligente, igienica, fata domestica che propone un amore permanente, libero da qualsiasi complicazione erotica”,secondo la descrizione di Laisse. Tuttavia il colore orientale delle carni, la nettezza della membra, le situaeioni inconrue, le luci per lo più spettrali, le conferiscono una dose di mistero. Delcol mi ha chiesto se da parte del pubblico milanese ci possono essere prevenzioni nei reguardi della sua ragazza. Gli ho risposto: “Non si faccia troppe illusioni. Anche da noi il sesso e il nudo dilagano in letteratura, n, cinema, riviste, eccetera. Eppure, nei riguardi della pittura c’é più”pruderie” che mezzo secolo fa. Appendere in salotto un quadro di nudo é considerato peccaminoso.”
Dino Buzzati, 1970